Une collaboration efficace entre la Recherche et les projets du FIDA au bénéfice des petits producteurs sahéliens
Je reviens du Burkina Faso où j’ai participé à l’atelier de clôture du Projet «Les arbres des parcs agroforestiers et les
moyens de subsistance: adaptation aux changements climatiques dans le Sahel
ouest-africain».
Il s’agit d’un don FIDA géré par l’ICRAF (World Agroforestry Center) et mis
en œuvre au Burkina Faso, Mali et Niger par les instituts nationaux de
recherche agricole en collaboration avec les équipes de quatre projets
d’investissement financés par le FIDA.
Le but général du projet était d’améliorer les moyens de subsistance des
communautés agricoles et pastorales pauvres vivant dans les zones
d’intervention, grâce à la diversification et à la conservation des parcs
agroforestiers, ainsi qu’à l’accroissement de la valeur des produits des arbres
commercialisés dans le cadre d’associations communautaires.
Le but général du projet était d’améliorer les moyens de subsistance des
communautés agricoles et pastorales pauvres vivant dans les zones
d’intervention, grâce à la diversification et à la conservation des parcs
agroforestiers, ainsi qu’à l’accroissement de la valeur des produits des arbres
commercialisés dans le cadre d’associations communautaires.
L’atelier de clôture a été extrêmement intense. Vingt-six présentations en
l’espace de deux jours sur autant de thèmes de recherche, portés à terme dans les trois ans passés par
des chercheurs et des étudiants des universités des trois pays susmentionnés,
en étroite collaboration avec les petits agriculteurs. Car l’aspect innovateur
de ce don a été de travailler selon une
approche participative dans laquelle les petits agriculteurs ont été impliqués étroitement
dans les programmes de recherche, en prenant eux-mêmes la responsabilité de
tester des variétés de semences et des techniques agricoles dans leurs parcelles.
Les actions du projet ont été guidées par des analyses participatives de la
vulnérabilité au niveau villageois. Un outil spécifique pour conduire ce type
d’analyse a été développé et adopté par les équipes de recherche dans les différents
pays (Analyse Participative de la Vulnérabilité et de l’Adaptation au
Changement Climatique- APVACC -http://www.worldagroforestry.org/downloads/publications/PDFs/OP17387.PDF),
sur la base duquel les stratégies d’adaptation des différents groups au niveau
villageois ont étés identifiées.
Un des résultats majeurs du don est la mise au point de l’approche Régénération
Naturelle Assistée (RNA) qui est devenue, au moins au Niger, une source de
revenus capable d’assurer la survie à long-terme des communautés. Cette
approche consiste à créer, à travers l’adoption de techniques de conservation des eaux et des sols, des conditions favorables pour le développement
d’espèces ligneuses. Les agriculteurs protègent et gèrent ces espèces en créant ainsi des nouveaux systèmes agro-forestiers sur
des terres auparavant stériles.
Un des facteurs à la base du succès de la RNA au Niger a été l’implication
des jeunes élèves (et de leur capacité d’impliquer à leurs parents en provoquant
ainsi un changement de mentalité dans la gestion du parc forestier). Les
participants à l’atelier ont souligné l’importance de mettre cette pratique à
l’échelle en impliquant un nombre croissant
d’écoles primaires.
Une autre recommandation majeure est la nécessité de revisiter les législations
forestières pour faciliter l’application à large échelle de la RNA.
Plusieurs études présentées étaient axées sur la valeur économique des
Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL), principalement le karité - qui engendre
en moyenne une chiffre d’affaire de 5 milliards de FCFA (plus de 10 millions de
dollars) par an au Burkina Faso - mais aussi le tamarinier, le savon de
balanites…. L’analyse des chaines de valeur des PFNL montre clairement le rôle
très important que ces produits jouent pour l’économie des femmes et même des
enfants, qui sont souvent impliqués dans la collecte des fruits en gagnant de
l’argent qui peut être réinvestis en frais scolaires.
En conclusion de l’atelier, des prix ont été remis aux chercheurs pour
l’innovation, la dissémination des résultats de la recherche, et pour le
développement d’une méthodologie de recherche innovatrice relative à la
séquestration du carbone.
Tous les participants ont été d’accord sur l’importance et la valeur des
résultats obtenus par ce projet, mais aussi sur la nécessité d’amplifier les
efforts en terme de gestion des savoirs pour assurer que ces résultats arrivent
à être disséminés à grande échelle parmi les petits agriculteurs.
La présence des universités à l’atelier, et le fait d’avoir travaillé avec des étudiants pour faire un pont entre instituts de recherche et universités, font espérer que ce travail puisse bénéficier à une nouvelle génération d’étudiants.
De la même manière, grâce aux liens développés dans les trois pays avec les
projets d’investissement du FIDA, la valorisation de ces résultats dans
d’autres cadres est maximisé. A cet égard, ils ont déjà bénéficié à la
conception de nouveaux projets d’Adaptation de l’Agriculture Paysanne aux
Changement Climatique (IFAD ASAP) au Sahel.
By: Ilaria Firmian
By: Ilaria Firmian