Par Jonky Tenou
Le sommet Africain sur 'Climate
SMART Agriculture' s'est achevé ce mercredi 16 mai 2018 à Trademark Hotel à Nairobi
au Kenya.
Premier du genre et placé sous le
thème : Partenariat, Innovation et Financement pour une agriculture résiliente
au climat, ce sommet a réuni plus de quatre cent participants venant de
plusieurs pays d'Afrique et issus des administrations publiques, du secteur
privé, des universités et centres de recherche, des média, des organisations
des jeunes, de la société civiles y compris les ONG et les organisations paysannes.
Les partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux comprenant
les agences Onusiennes, les institutions financières africaines et
internationales y étaient également représentées.
Pendant deux jours, les
participants ont débattu des sujets d'intérêt général visant à promouvoir une
agriculture africaine résiliente au climat, capable d'assurer la sécurité
alimentaire pour une population africaine de plus en plus croissante. A travers
les conférences publiques, les panels de discussion, les tables rondes, les
études de cas, les projections vidéos et les expositions, les participants ont analysés
les voies et les moyens pour la mise à échelle des innovations technologiques
et financières en matière de climat pour la transformation du monde rural depuis
les chaînes de production jusqu’à la commercialisation en passant par la
transformation.
Le FIDA était représenté à ce
sommet par Margarita Astralaga, Directrice de la Division Environnement, Climat,
Genre et Inclusion Sociale (ECG) et Yawo Jonky Tenou, Task Manager du Programme
Intégré de renforcement de la durabilité et la résilience pour la sécurité
alimentaire en Afrique sub-saharienne (IAP-FS).
Margarita, paneliste du sommet, est
intervenue sur le thème : "Future-proofing African Agriculture : Using
climate Smart Agriculture (CSA) and other Technique to Achieve Lasting
Transformation"' . Sa communication a mis l'accent sur le rôle
incontournable du FIDA dans la transformation du monde rural sur le continent
africain en termes de financement et d'accompagnement technique. Ce rôle important
a été reconnu par tous les acteurs présents.
En présentant le Programme d'Adaptation
des Petits Agriculteurs aux Effets des Changements Climatiques (ASAP) touchant
au moins 8 millions exploitants dans 41 pays et mobilisant 305 millions de
dollars, Margarita a su montrer aux participants comment le FIDA promeut la
résilience aux changements climatiques à grande échelle en milieu rural.
Margarita a également mis en
exergue le partenariat entre le FIDA et le Fonds pour l'Environnement Mondial
(FEM) avec un portefeuille programmatique de 32 projets dont la lutte contre
les changement climatiques pour la résilience des petits producteurs en constitue
la colonne vertébral et mobilise environ 161 millions de dollars. L'un des
programmes phares de ce partenariat est IAP-FS couvrant 12 pays de l'Afrique
Sub-saharienne. Ce programme qui envisage assurer la gestion durable de 10
millions d'hectares, réduire 10 millions de ton d'émissions des gaz à effet de
serre et augmenter de 15% la diversité génétique dans le paysage productif, a
été perçu comme un modèle d'approche qui intègre le partenariat, l'innovations et
la gestion des connaissances.
Margarita a aussi mis
l'accent sur le partenariat du FIDA avec
le Fonds Vert pour le Climat (GCF) comme un mécanisme financier devant soutenir
la mise en œuvre du cadre stratégique 2016 – 2025 du FIDA en lien avec l'agenda
2030. Ce cadre vise entre autres le renforcement la durabilité environnementale
et la résilience au climat pour la préservation des activités économiques et
des moyens d'existence des pauvres en milieu rural.
Beaucoup de cas pratiques de
solutions innovantes des projets du FIDA ont été présentés et fortement
appréciés par l'audience. Il s’agit du Biogaz comme source d'énergie à faible
cout pour les petits agriculteurs au Mali et au Rwanda; de la maitrise de l'eau
aux fins d'irrigation pour 15000 fermiers au Malawi; du développement des zones montagneuses par la
production des arbres fruitiers utilisant la technique d'irrigation goutte à
goutte au Maroc; de la restauration des
terres dégradées, et l'amélioration des revenus des petits producteurs
suivant une approche intégrée au Nige.,
Les questions transversales, notamment le rôle
de la femme et des jeunes, l'accès aux financements, aux ressources productives
et aux marchés et l’inclusion sociale sont des éléments sur lesquelles Ms
Astralaga a beaucoup insisté.
Le sommet a conclu que la mise à l’échelle des solutions innovantes pour promouvoir une agriculture africaine résiliente au climat ne saurait effective sans l'engagement et le partenariat entre acteurs à toutes les échelles,. Le secteur public devra créer des cadres favorables et incitatifs au développement, déploiement et mise à l’échelle des innovations dans le secteur agricole. Le partenariat public-privé devra être renforcé,. Les fonds multilatéraux et bilatéraux devront servir de catalyseurs car ils ne pourront pas à eux seuls apporter la transformation souhaitée du monde rural sur le continent au regard des multiples défis.
